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Hugues Reip - Livre d'artiste

Hugues Reip

Né(e) en 1964
à Cannes
Vit et travaille à Paris

 

Exposition Dialogue : Melanie Counsell - Hugues Reip

Hugues Reip

X-Man, 2003 - Ce personnage hirsute en train de courir, figé dans son mouvement, est, comme le dit Melanie Counsell, la mascotte de l’exposition. X-Man reprend une iconographie déjà utilisée par Hugues Reip inspirée par le personnage qui court dans Le Cameraman de Buster Keaton. «Mise en scène de l’idée de trajectoire du personnage autonome dans la construction», il est issu également d’un élément que Hugues Reip a déjà utilisé dans la série Toon (Génération d’œuvres réalisé sur une période d’un an sous le titre générique “Toon”, de «tatouage» et «cartoon»). Sculpture en néon située au centre de la première salle entre Tape et Pegboard de Melanie Counsell, ce personnage en suspension, suspension de mouvement, saisi comme un arrêt sur image donne toute la mesure de l’exposition. La relation avec le film d’animation, pratique chère à Hugues Reip, est ici évidente, où l’idée de déplacement, de vitesse, de ralenti, d’arrêt sur image, voire d’échelle sont mis en scène. Le statique céde la place au rythme.

Flip-Flap, 2003 - Dans la salle suivante, alors que "Tape" de Melanie Counsell, structure réalisée avec le scotch «gaffer» continue de redessiner l’espace obligeant le spectateur à ce déplacer d’une autre manière, Hugues Reip présente une série de cinq images qui font appel à une technique que lui-même appelle Flip-Flap, le terme exact est «resolanticulaire». Ces images s’animent lorsque l’on passe simplement devant. La particularité de ces images reprend la technique utilisée pour les cartes postales de pin’up. Lorsque l’on bouge la carte postale, elle est une fois habillée, une fois nue. L’image une fois de plus est presque atomique, ce sont des bulles qui viennent se révéler ou disparaître dans le format de l’image. Elles insuflent au spectateur le désir d’avancer et de reculer pour animer l’image et révéler la magie de ces bulles qui apparaissent et disparaissent. Le rythme engendré par ces déplacements nous évoque un son léger et délicat , celui, par exemple des bulles de savon lorsqu’elles éclatent ou encore l’envol des ballons de baudruche...

Pin Ball, 2003 - Pin Ball, vidéo en noir et blanc, est filmée en plan séquence dans un appartement. Une balle énervée comme un atome est lachée dans une caisse de raisonnance. Elle vient heurter tout ce qu’elle rencontre sur son passage.Si l’idée de déplacement , de premier et second plan est une préoccupation prédominante dans l’œuvre de Hugues Reip, il aime aussi jouer des référents qui lui sont chers dans le cinéma expérimental du début des années soixante. Il relève cette idée de liberté qui permettait au cinéaste de ne pas s’embarasser avec un surplus de technologie, le souci étant que, même s’il existe, il doit disparaître au profit d’une simplicité de lecture. Le son de la balle retenti à chaque impact dans les grandes salles du centre d’art. Sa trajectoire quasi invisible est révélée par les mouvements rythmés des objets qui volent, explosent comme une animation fantomatique.

Toon, 2003 - Oeuvre en cours Toon est une pièce composée de cinq cent ballons en forme de saussice que l’on peut nouer et avec lesquel on peut fabriquer des animaux ou toutes sortes d’éléments figuratifs. Simplement noués entre eux, ces ballons aux couleurs de l’arc en ciel sont installés sur une grande partie du sol de la mezzanine comme un champs de fleurs impénétrable. Si le spectateur déambule dans la forêt de silhouettes de fleurs Eden, ici, il est tenu à distance dans une frontalité révélant la profondeur de champ. Toutes les demie-heures une photographie numérique est prise tout au long de l’exposition enregistrant la lente désincarnation des ballons qui se dégonflent. Cette série de photographies fera l’objet d’un film d’animation. Les ballons deviennent les acteurs du film en train de se faire en temps réel. Une fois de plus on se retrouve dans ce rapport minimum, qui est très proche d’une respiration.

Mauve, 2003 - Les silhouettes de fleurs se propagent dans la salle suivante dans laquelle sur le mur du fond est projetée une vidéo : Mauve, fonctionnant sur un registre de mouvement minimum. Il s’agit d’un dessin filmé en plan fixe dont quelques éléments sont animés produisant l’effet d’une respiration minimale d’une plante. Le mouvement répétitif de ces petits éléments agrandis en relation avec l’image de ces fleurs géantes provoque une sensation d’échelle étrange, celle peut-être d’être au cœur même du paysage, à l’échelle d’un insecte affairé.Sculptures réduites à l’état d’éffigies, tels des panneaux publicitaires qui modulent l’espace de déambulation, face à une vidéo-animation réduite à sa plus simple expression, Hugues Reip active ici avec la plus grande légèreté et non sans humour - voire dérision -, quelques uns des paramètres de l’art d’aujourd’hui.

Eden, 2003 - Eden est constitué de différentes silhouettes, photographies de fleurs microscopiques agrandies à échelle humaine érigées dans l’espace. Ces silhouettes fonctionnent comme une métaphore d’un décor. Le spectateur se promène dans une sorte de forêt de fleurs à la limite de l’absurde. Confrontation du regard mais aussi du corps en déplacement, à un environnement familier perturbé par la démesure des éléments identifiés. Un univers à la limite surréaliste vient accentuer la charge émotionnelle “fleur bleue” de chacun d’entre nous. La perception que l’on éprouve à ce moment-là bascule dans l’étrangeté, nous renvoyant une image quelque peu inquiétante. Cette installation occupant deux salles dans le centre d’art se trouve confrontée dans la première à Bleed de Melanie Counsell, immense agrandissement en noir et blanc. La surdimension des fleurs est renforcée face à cette image de paysage abstrait. Elle nous renvoie à cette réflexion de Hugues Reip à propos de l’élaboration de l’exposition avec Melanie Counsell : «au début, même si ça partait d’une boutade, Melanie créait la scène et moi j’étais l’atome dans sa boîte de résonance.

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