Philippe Durand - Vallée des Merveilles 2 #3 - 11.03 > 29.05.2016 © Philippe Durand - Carton d'invitation

Vallée des Merveilles 2 - Philippe Durand

  • Monographie

du 11/03/2016 au 29/05/2016

Commissariat  Noëlle Tissier

Vallée des Merveilles 2 - Philippe Durand

En 2014, Philippe Durand décide d’explorer la vallée des Merveilles, située dans le Parc National du Mercantour (France). Fasciné par cet espace naturel, il y découvre un patrimoine archéologique exceptionnel, qui selon lui constitue « un autre espace public, évidemment non urbain mais balisé, marqué, transmis d’une personne à l’autre ». Considérant ce site comme un proto-musée en plein air, sans auteur, sans commissaire, sans public ni communication, l’artiste en fait le lieu d’un développement de son travail, dans une nouvelle dimension spatiale et temporelle

 

Le projet d’exposition tente de recomposer une topographie de la vallée des Merveilles, considérée dans sa structure-même, comme un chaos rocheux. Le parcours s’organise autour d’une installation au sol de sculptures gonflables en forme de rochers. Leur caractère ludique et populaire, rappelant les décors des parcs d’attraction, contraste avec celui de vidéoprojections qui invitent à une lecture plus méditative du site archéologique. Réalisées et tournées sur place en super 8, elles offrent par alternance des vues de différents paysages de la vallée des Merveilles ainsi que des plans rapprochés de gravures rupestres et de graffitis apparus au fil des siècles.

Une grande photographie de paysage, reproduite en miroir sur du papier peint et posée de part et d’autre d’un mur de séparation, contient à elle-seule, le projet d’exposition. Elle permet le passage de la 2ème à la 3ème dimension, un va-et-vient entre photographies et structures gonflables.

Des photographies documentent aussi bien des gravures anciennes que des graffitis apparus de la Renaissance à aujourd’hui. Parmi eux figurent le dieu Taureau, le Mickey ou les tours du 11 septembre. Isolées et déplacées de leur contexte originel, ces inscriptions semblent traverser le temps. Plus encore, leur rapprochement crée un choc temporel.

Fragment après fragment, c’est une partie de l’histoire de l’humanité qui semble vouloir se reconstituer et faire appel à notre mémoire collective.

Ainsi, Philippe Durand propose-t-il une immersion dans une Vallée des Merveilles 2, non pas comme un parfait fac-similé à la manière des répliques touristiques de grottes célèbres (Lascaux 2), mais plutôt comme un essai de reconstitution dans l’espace d’exposition, offrant des temps de perception et de rêverie différents.

 

«(...) une grande partie de mon travail traite de l’espace public, de son occupation, des interactions qui peuvent s’y produire - humaine ou pas, d’ailleurs, puisque résultant de la combinaison entre l’humain, le végétal, le minéral, l’évolution de ces états, le devenir «ruine» des choses. Dans la Valée des Merveilles, nous sommes dans un autre espace public, évidemment non urbain, mais balisé, marqué, transmis d’une personne à l’autre. Les graffitis traversent le temps. Ce qui me rappelle un ouvrage, que j’apprécie beaucoup, qui comporte le relevé des inscriptions latines figurant sur les maisons de Pompéi avant l’éruption du Vésuve. Elles sont absolument fantastique et témoignent d’une petite histoire qui rentre dans la grande.

L’expérimentation de la Vallée des Merveilles, c’est aussi un espace pour rêver, pour tenter d’interpréter des images qui ont une grande force et restent longtemps en mémoire : des formes animales ou fantasmées, comme l’homme aux bras en zigzag, des divinités ; des tentatives pour toucher à l’essence même des choses, des productions, des processus créatifs. Ce projet a pour arrière-plan une réflexion sur ce qu’est le musée, sur ce qu’est l’art aujourd’hui et ce qu’il pourrait être, une sorte de devenir utopique.

Rembobiner 5000 ans en arrière pour se poser la question de ce que ça pourrait être aujourd‘hui. Et notre projet, à Rennes et à Sète, c’est le collage de ces deux choses.»

«(...) le gonflable, au-delà de son aspect un peu ludique, low-tech, intervient comme une forme non autoritaire pour parler de ces questions. Une façon de s’adresse au public, même celui qui ne va jamais voir d’exposition, il y a un côté direct. Il y a une opposition entre la structure des films et les structures gonflables. Les structures gonflables sont assez ludiques. Les films sont très raides, et proposent une méditation, une sorte d’hallucination de figures qui vont monter et rester dans les mémoires individuelles. Entre les photographies, les films et les gonflables, ce sont des temps de perception différents.»

Extrait de l’entretien entre Philippe Durand et Catherine Elkar, 29 septembre 2015

Catalogue, Philippe Durand - Vallée des Merveilles 2édité par Gwinzegal avec le concours du FRAC Bretagne, du CRAC LRMP et du CNAP Paris.

 

Expositions mars-mai 2016 - Philippe Durand

 

La vallée des Merveilles

Dominée par le mont Bego, classée monument historique depuis 1989, la vallée des Merveilles, à 3 000 mètres d’altitude, possède plus de 40 000 gravures réalisées vers 3 000 avant Jésus-Christ. Comme le val de Fontanalbe, situé de l’autre côté du mont, elle a été modelée par des glaciers disparus il y a 10 000 ans, qui ont laissé derrière eux des dalles rocheuses planes et finement polies. Ce sanctuaire à ciel ouvert paraît dédié à un « couple divin primordial », la déesse Terre et le dieu Taureau. Épargné par sa difficulté d’accès, le site comporte cependant des graffitis, certains apparus à la Renaissance, d’autres dus à des bergers des XIXe et XXe siècles, des soldats, des voyageurs... Bien qu’interdites formellement depuis 1954, de nouvelles inscriptions continuent de surgir, côtoyant les gravures de l’Âge du bronze.

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Lettre d'information N°27 - Février Mars 2017