More is not Enough - Yann Dumoget - projet «Z.A.N gallery» par Florent Lamouroux artiste /commissaire d’exposition - Installation modeste bling-bling

More is not Enough - Yann DUMOGET

  • Exposition L'entrée

du 15/04/2016 au 10/05/2016

Florent Lamouroux artiste /commissaire d’exposition

MORE IS NOT ENOUGH - YANN DUMOGET - Z.A.N GALLERY

«Rester à sa petite échelle, produire des œuvres dignes d’intérêt avec trois bouts de ficelle, avoir le courage de l’autodérision, survivre en se tenant à l’écart du marché, réfléchir un peu avant d’agir. Voilà en définitive à quoi j’ai bien pu penser en investissant la Z.A.N gallery.» Yann DUMOGET

La Z.A.N gallery a pour vocation de s’ouvrir à toutes les formes d’art et offre la possibilité aux artistes d’exposer leur travail dans des conditions d’exception. En effet, sa spécificité est avant tout liée à l’espace qu’elle offre. La galerie s’attache donc aux propositions in situ, ou plus généralement, en lien avec des préoccupations contextuelles. Lieu de création et de diffusion sans frontières, la Z.A.N gallery est un espace d’art expérimental, sans attaches et ouvert au monde.

 

Vendredi 15 avril 2016 à 18 h00 : Rencontre autour de l’exposition avec l’artiste Yann DUMOGET

Mercredi 27 avril 2016 à 18 h00 : Présentation du projet « Z.A.N gallery » par Florent Lamouroux artiste / commissaire d’exposition et Yann DUMOGET

Ouvert tous les jours de 12h30 à 19h00, week-end de 14h00 à 19h00. Fermé le Dimanche 1er mai, fermé les mardis sauf  le mardi 10 mai 2016 - Entrée libre et gratuite

 

L’art et l’argent.

 

Pour préparer mon exposition personnelle à la Z.A.N gallery, j’avoue ne pas avoir pensé au faux chèque dessiné en 1919 par Marcel Duchamp pour payer le dentiste Tzanck, tout au plus à la petite souris qui glisse nuitamment une pièce sous l’oreiller des enfants édentés.
Les Zones de sensibilité picturale immatérielle cédées par Yves Klein en 1959 contre un certain poids d’or ne m’ont pas non plus traversé l’esprit, même si je comptais bien utiliser à mon tour ce précieux matériau. J’ajoute pour faire bonne mesure que les travaux plus récents de Miguel Angel Rojas ou de Luz Forero ne me sont pas davantage revenus en mémoire, sans parler de la philosophie du respectable Georg Simmel…
Non, pour être complètement sincère, la pierre angulaire sinon philosophale qui soutien l’édifice conceptuel de ce projet est ma lecture critique des passages importants du magazine Mickey Parade où l’Oncle Picsou plonge avec délectation dans la mer de pièces entassées dans son coffre-fort gigantesque.
A bien y réfléchir, le marché de l’art est composé aujourd’hui d’une infinité de petites succursales mondialisées, de petits cubes blancs qui peuvent très bien s’envisager eux aussi comme de grandes tirelires où les multimillionnaires déverseraient leur trop plein de monnaie.
D’ailleurs, en anglais, tirelire se dit Piggy money, l’argent du cochon. J’ai eu un temps envie d’intituler ainsi l’exposition, mais j’avais trop peur d’outrager la réputation de ce paisible animal tant la pléonexie mortifère de certains dépasse aujourd’hui les limites de la common decency. More is not enough, telle est habituellement la ligne de conduite de ces Midas qui s’ignorent au point d’en oublier l’essentiel. Un jour, trop tard, ils se rendront compte, comme le roi mythologique, que l’or ne nourrit pas son homme. Ainsi va le monde – vers sa faim – tandis que s’entassent dans leurs tirelires géantes de dispendieux et grandiloquent objets de spéculations qui confirment tous les jours que la finance peut très bien prendre les formes de l’art, et qu’il n’y a rien comme le vice qui puisse se faire passer pour de la vertu.
En novembre 2013, le quotidien  USA Today osait ce titre provocateur : « L’art est-il devenu une entreprise criminelle ?  Comment le blanchiment d’argent sale fait atteindre au marché des prix stratosphériques ».
Certains observateurs avisés s’imaginèrent alors que le plus grand crime de l’art était de s’être tué lui-même dans cette overdose financière de douteuse provenance.
Je ne suis pas de cet avis. L’art n’est pas ce grand cadavre à la renverse pourrissant dans ses clinquants oripeaux. Aujourd’hui comme hier, cher Marcel, il est d’une vigoureuse simplicité mise à nue. Et il n’y a pas plus ambitieux, plus difficile que de faire simple. Il suffit parfois pour cela de regarder les choses sous un autre angle. More is not enough, car le trop prétentieux, trop vulgaire, trop blingbling n’est finalement pas assez.
Rester à sa petite échelle, produire des œuvres dignes d’intérêt avec trois bouts de ficelle, avoir le courage de l’autodérision, survivre en se tenant à l’écart du marché, réfléchir un peu avant d’agir.
Voilà en définitive à quoi j’ai bien pu penser en investissant la Z.A.N Gallery.

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